Diplôme et activité professionnelle
Le diplôme des écoles d’architecture fait-il partie des études ou s’inscrit-il dans le début de l’activité professionnelle ? Cette question peut paraître sans intérêt, mais pour moi, elle a été très importante.
Les évènements de mai 1968 ont conduit à tout bousculer à l’Ecole Spéciale d’Architecture, tant au niveau des programmes que des enseignants. Cela a notamment permis de sortir des diplômes académiques, encore très présents, pour s’orienter vers des sujets beaucoup plus diversifiés et correspondant à des préoccupations architecturales et urbaines de l’époque.
En commençant un diplôme en 1971 sur « l’idée de nature dans la ville » avec deux de mes amis étudiants, nous étions dans cette dynamique. Un choix libre, sur un beau sujet, mais qui ne pouvait proposer une ouverture sur l’exercice professionnel. Après quelques mois de travail, j’ai décidé de me retirer de l’équipe pour présenter un diplôme qui certes, valide la fin de mes études, mais qui puisse surtout me permettre de m’inscrire dans la vie professionnelle.
Pour cela, j’ai choisi le thème « Vienne urbanisme et archéologie 1 », qui me semblait réunir les deux objectifs. La nécessité de reconstruire la ville sur elle-même pour arrêter de réduire, année après année, la surface de nos terres agricoles, mais aussi connaître au mieux l’histoire de ma ville d’origine pour être en capacité de projeter son évolution. D’où le titre de mon diplôme où j’associais la réflexion sur le développement de la ville tout en se nourrissant de son histoire.
Pour mener à bien cette mission très particulière, car ne faisant pas partie des préoccupations de l’époque, je devais solliciter un enseignant qui partage ma démarche ; ce ne pouvait être quelqu’un de la « vieille garde » d’avant 1968. L’arrivée à l’Ecole Spéciale d’Architecture de Paul Virilio 2, architecte-urbaniste-philosophe-maître verrier, associé un temps à Claude Parent, me semblait répondre à mes attentes.
Je lui en parlai, il accepta avec enthousiasme et je pus avec son appui opérer en toute sérénité. Le thème et la forme firent débat lors de la présentation au jury, compte tenu de sa rupture avec les schémas en place. Pourtant, après un échange passionné, j’obtenais mon parchemin et pouvais entrer de plain-pied dans la vie active, bien décidé à tracer ma propre route en développant des projets à toutes les échelles de la ville, à travers l’architecture, l’urbanisme et la programmation architecturale et urbaine.
Je constatais un peu plus tard que ce travail quelque peu dénigré par certains membres du jury, allait constituer un passeport magnifique pour entrer de la meilleure façon dans la vie active !
un souvenir
Je n’ai plus d’éléments graphiques de mon diplôme, « Vienne urbanisme et archéologie », suite à un incendie dans mon atelier en 1976. Les éléments graphiques ci-joints sont issus de l’étude que j’ai conduite en 1978 en association avec Patrice Trintignac architecte, pour le ministère de la Culture, sur le « site inscrit » de Vienne. Ce classement a permis aux villes dotées d’un patrimoine important mais ne justifiant pas d’un classement de « secteur sauvegardé », de bénéficier d’une étude spécifique dite de « site inscrit » sur le périmètre de la ville historique. Ces quelques planches graphiques réalisées avant l’arrivée de l’outil informatique nous rappellent aussi nos capacités propres de dessin.
1 Vienne Isère est ma ville natale.
² 1932-2018