VOYAGE D’ETUDE A VARNA EN BULGARIE EN 1995

VOYAGE D’ETUDE A VARNA EN BULGARIE EN 1995

En février 1995, j’ai été missionné avec une petite équipe par le ministère des Affaires étrangères pour réaliser une étude urbaine sur la ville de Varna, située dans la partie Est de la Bulgarie au contact de la mer Noire. Il s’agissait d’établir en l’espace d’une semaine un état des lieux et un bilan sur les capacités de développement de la ville.

Je suis parti dans des conditions délicates, sinon difficiles, car je devais préparer mon absence de quatre jours à l’atelier, et aussi assurer l’oral d’un concours important à Lyon le jour même du départ. J’ai donc pris un autre vol que celui initialement prévu, passant par Londres, pour enfin rejoindre les membres de la délégation dans la nuit à Sofia. Le lendemain, nous nous sommes levés aux aurores pour relier Varna en car, roulant pendant dix heures sur des routes incertaines avec crevaison et problèmes mécaniques inclus ! Pourquoi me suis-je rajouté ce fardeau en plus d’une activité professionnelle débordante ? Certainement pour l’attrait de la découverte qui m’anime depuis toujours et curieux de ce pays à l’époque peu accessible, enfermé à l’intérieur du bloc de l’Est. Le groupe d’une petite dizaine de personnes était assez hétérogène et je me suis rapidement aperçu que j’étais le seul à m’intéresser à la dimension urbaine !

Les relations avec nos interlocuteurs locaux exigeaient l’intervention constante d’une interprète, ce qui ne facilitait pas la fluidité et la spontanéité des échanges. Varna, ville de taille moyenne, installée dans une géographie complexe, nécessitait de mon point de vue des solutions de réhabilitation nuancées, adaptées à la réalité des besoins et plus économiques.  L’usage des matériaux traditionnels tels que la brique et le bois auraient également permis un développement des entreprises locales qui en maîtrisaient bien l’emploi. Mais ici comme ailleurs, une phase de démolition sévère semblait se dessiner, sans analyse sérieuse sur la situation existante.  Faut-il rappeler que la « tabula rasa » assèche l’histoire des lieux, coupe les racines de vie et superpose une strate à une autre dans l’objectif illusoire de remplacer le mal par le bien, ou pour le dire de façon plus urbaine l’ancien par le neuf. 

Une petite visite sur « Google Earth » montre que la démolition a fait son œuvre et que la ville s’est fortement développée. Son ouverture sur la mer Noire en est certainement l’une des raisons, notamment en direction de l’industrie et du tourisme et je ne pense pas qu’il reste grand-chose des époques précédentes. Cette expérience particulière m’a permis, pendant une petite semaine, de prendre du recul par rapport à mon activité professionnelle et d’effleurer la réalité de ce pays du bloc de l’Est. Pourtant, je garde un goût amer de cette expérience, celui de ne pas savoir si le travail de notre délégation s’était révélé utile pour les autorités bulgares. D’après ce que j’ai appris, je suis le seul à avoir produit un rapport, mais leur a- t-il d’ailleurs été transmis ? D’autre part, à quoi ont servi les autres participants ?

Certes, l’alcool local était bon, mais ce voyage a coûté cher au contribuable. J’ai exprimé mon point de vue à mon interlocuteur au ministère, il est resté sans retour ! Peut-être fallait-il remplir une ligne budgétaire afin de conserver les crédits pour l’année suivante ? Cette hypothèse réaliste n’est pas très encourageante car il s’agit de nos impôts !

La photo issue de Google earth montre la position de Varna au contact de la mer Noire, avec un signal rouge. La Bulgarie est entourée de quatre pays : La Roumanie, La Serbie, La Grèce et la Turquie. Les photos que j’ai prises sur place ont été remises au ministère des affaires étrangères.

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