LE DESERT

LE DESERT

Nous avons découvert en famille l’attrait des déserts dans les années 1980, quand le trekking a commencé à se développer dans les pays du Maghreb. Au fil des années, nous sommes ainsi allés en Algérie, en Tunisie, au Maroc, en Libye, en Egypte et en Mauritanie. Nous y avons observé une grande diversité de reliefs, de matières, de couleurs d’une beauté incomparable et aussi la présence d’un passé et d’une histoire qui nous rappelle que ces lieux n’ont pas toujours été désertiques et seulement dévolus à la transhumance.

Les mois de janvier et février sont propices à ces voyages afin d’éviter les grosses chaleurs, bien que l’amplitude thermique demeure très importante entre le jour et la nuit. On passe aisément de 30° la journée à 0° la nuit. Heureusement, un bon duvet suffit pour s’endormir sous une voûte céleste à couper le souffle !

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les paysages ne sont pas du tout répétitifs. Les immensités de sable apparaissent toujours différentes dans leurs formes, leurs couleurs et leur granulométrie. La pierre est aussi très présente avec des émergences qui peuvent constituer de véritables bornes ou même des cathédrales à l’échelle du paysage. Le sable n’est pas seulement jaune brun, comme nous le connaissons chez nous, mais selon la géologie, il peut révéler toutes les couleurs de l’arc-en-ciel et parfois même en strates superposées.

Il n’est pas rare de trouver des outils très anciens comme des flèches et aussi des fresques abritées dans des lieux émergeants et protégés des intempéries. Nous avons photographié des bifaces vieux de plusieurs millénaires que nous avons bien sûr laissés sur place par respect du pays d’accueil. Pour ceux qui voudraient rapporter des objets, mieux vaut s’en abstenir par respect de l’intégrité de ce que nous découvrons, mais aussi des contrôles lors du passage en douane, les bagages des européens sont très contrôlés et cela est bien normal.

Contrairement à ce que l’on imagine, les espaces sont vivants, habités par de nombreux insectes, fourmis, petits mammifères, scorpions, reptiles dont les vipères des sables qu’il vaut mieux éviter. Le passage de l’une d’elle en travers de mon duvet, dont je découvre la trace au réveil un matin par l’empreinte laissée dans le sable autour de moi, me laisse un souvenir particulier, heureux d’être certainement en plein sommeil et de n’avoir pas manifesté ma surprise !

Le déplacement se fait au rythme régulier des chameaux assurant le portage. Ces compagnons de route peuvent aussi accueillir le randonneur fatigué qui se laisse aller au gré du balancement de l’animal.

Dans le désert, on saisit l’importance de l’instant, car tout change très vite. On peut passer en quelques minutes du jour à la nuit en cas de vent de sable et du chaud au froid lorsque le soleil se couche. Seul le silence reste constant et apporte une grande sérénité qu’il est difficile de trouver aujourd’hui dans nos espaces urbains.

Le désert, c’est aussi un lieu de plénitude propice à la méditation et au recueillement. Quand on s’éloigne un peu du groupe, rien ne dérange et l’on peut alors ressentir pleinement ce que nous sommes ; êtres pensants certes, mais aussi empreints d’une spiritualité et d’une capacité à s’interroger sur ce que nous sommes et ce que nous faisons du temps qui passe. On ne revient pas indemne de ces voyages qui font prendre du recul et questionnent notre vie quotidienne, en essayant de faire la part entre ce qui est indispensable et ce qu’il est possible ou nécessaire de modifier.

C’est en fait une recherche de beauté et de spiritualité, comme une retraite laïque, loin des tracas du quotidien. Une parenthèse où l’on se nourrit du silence pour retrouver une paix intérieure et être au contact de nos sensations.  Ces voyages procurent tellement de bien qu’ils devraient être remboursés par la sécurité sociale ! On n’a pas le confort mais le bien-être et cela est plus efficace et beaucoup moins cher que toutes les thalassothérapies de la terre. Pour ceux qui comme moi sont amateurs de photos, le désert offre un régal d’images, d’ombres et de lumière, de couleurs, de contrastes, de matières …

J’ai aussi beaucoup dessiné durant ces voyages, pendant les pauses, le soir près du feu. Le calme est favorable pour saisir l’instant d’un lieu ou « croquer » les paysages, les chameaux ou les personnes qui nous accompagnent.

Je vous invite à vivre une telle expérience ; le désert est une source inépuisable d’enrichissement !

e désert de sable c’est d’abord la beauté des formes modelées par le vent, et les jeux d’ombres et de lumière. Rien n’est stable mais la beauté perdure.
Ces lieux ont une histoire d’occupation très ancienne dont il reste des peintures millénaires dans des abris sous roche.
Les chemins sont souvent physiques et le paysage tutélaire !
La marche dans le silence des lieux nous met sans cesse dans de nouvelles échelles et de nouvelles images.
La matière fragmentée en de tous petits éléments proposent des images d’une grande diversité.
Malgré les conditions climatiques très rudes, la vie reste présente, que ce soit un scorpion ou la vipère des sables.
On peut également trouver des pierres taillées très anciennes telles que les bifaces.
Dans des conditions d’humidité particulière, la rose des sables prend forme et nous enchante.
Le vent et l’humidité du sable créent parfois des glissements qui font apparaître de très belles formes végétales.
Tout à coup, des rochers peuplés de figures tutélaires surgissent du sable.

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