La signature des projets

La signature des projets

La création justifie et même implique la signature de l’œuvre. Au cours des XVIII et XIXème siècles et de la première moitié du XXème siècle, les bâtiments étaient souvent signés par une gravure sur pierre ou une plaque scellée sur la façade, dans la partie haute du rez-de-chaussée. On peut ainsi connaître le nom de l’architecte, la date de construction et parfois le nom du maître d’ouvrage et de l’entreprise de gros œuvre. Certains quartiers de Paris ou de grandes villes de province se lisent ainsi à livre ouvert. Eléments de mémoire, traces publiques de l’histoire urbaine, ces inscriptions constituent une source de connaissance, d’éducation et de formation sur des époques et des styles.

Paul Chemetov m’a initié à cette pratique dès notre première opération à Vienne et je l’ai poursuivie tout au long de ma carrière. Je me suis rapidement rendu compte que cette appropriation affichée était, au-delà de l’information pour les générations actuelles et futures, une source de motivation pour plus de travail dans une recherche de qualité. Quand on signe un bâtiment, on en prend la responsabilité, on assume ses choix de composition, d’image, de matériaux. Dans la mise au point d’un projet, on se trouve parfois en difficulté par rapport à ses commanditaires, maître d’ouvrage ou services de la ville. Ces combats, souvent âpres, usent moralement et physiquement, au point d’avoir parfois envie d’abdiquer, car le rapport de force semble inégal et implacable. Dans ces moments difficiles, ce qu’implique la signature des ouvrages dont j’ai la responsabilité me revient et me conduit à reprendre le « combat » pour être en capacité d’assumer pleinement ce que je vais construire. Cependant, la propriété intellectuelle est rarement respectée en cas de transformation ou de réhabilitation vingt ou trente ans après la construction. Si un confrère intervient sans que l’auteur soit consulté, il peut dénaturer la composition et faire disparaître la qualité des matériaux d’origine. Cela m’est arrivé et j’ai alors demandé que ma signature soit déposée ou masquée.

La loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine de juillet 2016 prévoit l’apposition sur les ouvrages du nom de l’architecte et de la date d’achèvement des travaux. Cela va dans le bon sens.

1 Ce texte fait partie du livre que j’ai écrit en 2019. « Créer c’est se souvenir, parcours et engagements d’un architecte urbaniste » Préface de Paul Chemetov, Editeur : Les Productions du Effa.

La signature des projets peut prendre des positions et des dimensions différentes. La borne patrimoniale explicative du projet et de l’histoire du château de Malissol et de ses dépendances à Vienne est exceptionnelle, car en plus du nom du maître d’ouvrage et de l’architecte auteur, elle rappelle l’histoire du site.

La signature des projets peut se faire dans des dimensions et des matériaux différents.
La signature des projets peut se faire dans des dimensions et des matériaux différents.
La borne patrimoniale explicative du projet et de l’histoire du château de Malissol et de ses dépendances à Vienne est exceptionnelle, car en plus du nom du maître d’ouvrage et de l’architecte auteur, elle rappelle l’histoire du site.
La signature des projets peut se faire dans des dimensions et des matériaux différents.
La borne patrimoniale explicative du projet et de l’histoire du château de Malissol et de ses dépendances à Vienne est exceptionnelle, car en plus du nom du maître d’ouvrage et de l’architecte auteur, elle rappelle l’histoire du site.
La borne patrimoniale explicative du projet et de l’histoire du château de Malissol et de ses dépendances à Vienne est exceptionnelle, car en plus du nom du maître d’ouvrage et de l’architecte auteur, elle rappelle l’histoire du site.

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