LE PROGRES N’A DE SENS QUE S’IL SE FAIT EN HARMONIE AVEC NOTRE PLANETE.

LE PROGRES N’A DE SENS QUE S’IL SE FAIT EN HARMONIE AVEC NOTRE PLANETE.

Depuis la nuit des temps, l’homme n’a cessé d’inventer des outils, des habitats, puis il est passé d’une existence de nomade à celle de sédentaire. Il a représenté ses conditions de vie et ses croyances à travers des peintures dans des grottes dont nous avons retrouvé quelques sites. Ce sont aujourd’hui des œuvres reconnues dans le monde entier. Cette volonté de nos ancêtres de transmettre des traces de leur passage sur Terre nous permet de connaître un peu mieux leur mode de vie, leurs coutumes et traditions, leurs habitudes alimentaires… Si l’invention des outils est très ancienne, la domestication du feu, apparu naturellement au cours des orages, date de -400 000 ans et il a fallu encore des millénaires pour voir la naissance de la roue.

Cette évolution de l’humanité est en partie connue, même s’il reste certainement beaucoup à découvrir.   

La question que je souhaite aborder dans ce chapitre est celle de la relation entre progrès matériel et bien-être ressenti par chacun de nous. Si l’on parcourt l’Histoire sur les siècles derniers, on peut penser avoir gagné en sécurité, non pas parce qu’il n’y a plus de conflits, mais parce que nous possédons des armes d’anéantissement de toute vie sur l’ensemble de la Terre. Appuyer sur le bouton nucléaire aurait des conséquences irréversibles, mais l’homme a déjà montré à maintes reprises sa capacité de nuisance et de destruction, au-delà de l’imaginable. L’animal humain est plus dangereux que tous les animaux de la terre et sa folie dépasse l’entendement ! Pour s’en persuader, il suffit de se référer à notre Histoire.

Le XXème siècle nous a révélé le meilleur comme le pire. Le meilleur, ce sont les progrès sociaux, médicaux, l’élévation du niveau de vie, en tout cas pour les pays dits développés d’ailleurs peu scrupuleux de prospérer au détriment d’autres moins favorisés. Le pire, ce sont les grandes guerres avec leurs horreurs inimaginables.  Au début du XXIème siècle, contrairement à ce que l’on aurait pu espérer tirer des leçons de l’Histoire, la guerre revient aux portes de l’Europe, au Moyen-Orient, en Afrique, en Ukraine, …Parallèlement, le réchauffement climatique bouleverse toute la planète et ceux qui en sont le plus affectés ne sont pas les responsables.

Le réchauffement climatique doit être l’occasion d’une réflexion et d’une révolution qui permette de mettre en œuvre des solutions, sur tous les continents et à toutes les échelles de notre planète. En sommes-nous capables ? Rien n’est moins sûr ! Pourtant, dans un espace limité, il est assez facile de comprendre que l’extension continue aura une fin. Il serait raisonnable et indispensable de s’y préparer d’autant plus que le réchauffement climatique risque de limiter de façon drastique les surfaces habitables de notre planète.

Une vision pragmatique de la situation appelle une prise de conscience rapide des conséquences de ce que nous inventons sans cesse à court, moyen et long terme. Vouloir aborder cette question de façon exhaustive nécessiterait un ouvrage en plusieurs volumes ! Je ne peux donc que me limiter à quelques    réflexions.

                                                                                                                                                                                                  Je fais pour cela référence à mon grand-père paysan-maçon. Avant les années 1960, l’engrais agricole provenait des excréments des animaux de la ferme : bœufs, vaches, chèvres, brebis et poules, …  A partir des années 1960, sont arrivés les engrais chimiques. Plus d’herbes dans les semis et les cultures mais rupture de l’équilibre biologique avec la disparition des insectes, des vers de terre et autres petits êtres qui participaient à l’aération et à la régénération des sols, et aussi mort de nombreux animaux aquatiques dans les ruisseaux et les rivières ! Avant l’introduction de ces engrais, les cours d’eau étaient remplis de poissons, vairons, truites, tanches, perches … et aussi d’écrevisses que nous pêchions avec mon frère quand nous « gardions les vaches », dans un pré bordé par la petite rivière du Dolon. Parfois notre grand-mère nous disait en milieu de matinée « allez chercher des écrevisses, on les mangera à midi ». Une heure plus tard c’était fait avec le plaisir de cette partie de chasse à main nue. Il suffisait de soulever les pierres l’une après l’autre et de prélever les écrevisses, en essayant autant que possible de ne pas se faire pincer les doigts !

Un ou deux ans plus tard, tout avait disparu ; l’eau par gravitation passant par les terres voisines était polluée par les pesticides contenus dans les engrais et rejoignait les rivières ! En quelques années, nous étions passés d’un milieu riche dans son équilibre naturel à un milieu stérile ! Les rendements à l’hectare ont peut-être augmenté, mais à quel prix ! Les agricultrices et agriculteurs ne sont bien sûr pas soustraits à ce fléau. Ils ont subi et subissent les conséquences de ces pollutions ! Le « progrès » n’a de sens que s’il se fait dans le respect de la nature à toutes ses échelles et en tenant compte du court, moyen et long terme. La fin d’un monde ancestral en harmonie intime avec les lois de la nature ne devrait pas être bousculé sans en avoir au préalable mesuré toutes les conséquences sur le moyen et long terme. Malheureusement, de puissants groupes internationaux imposent leur loi au niveau européen et même s’ils sont régulièrement poursuivis en justice pour les conséquences sanitaires dévastatrices de leurs produits, leur remise en cause s’avère très difficile, compte tenu de leur puissance financière. La présence quasi permanente de 20 000 lobbyistes à Bruxelles face à 750 députés conduit à des achats de bonnes consciences.  Ce n’est donc pas demain que les choses vont changer d’autant plus que le 27 janvier 2025, le Sénat a voté la réintroduction des néonicotinoïdes ! On se souvient de la polémique d’échelle nationale qui a suivi cette décision et de son retrait provisoire.

La récente réaction très négative sur la loi Duplomb visant à réautoriser l’utilisation des néonicotinoïdes en France est une bonne nouvelle, mais rien n’est acquis sur le moyen long terme. Cela incite à se réinterroger collectivement sur cette question essentielle de la pollution de la terre depuis les années 1960. Des solutions existent, il faut les mettre en œuvre. L’agriculture écologique et la permaculture développées par de nombreux jeunes agricultrices et agriculteurs, avec l’aide de paysagistes spécialisés en permaculture, constituent des alternatives prometteuses. Il faut les encourager et les aider. C’est à ce prix que nous pourrons retrouver un jour des terres cultivées naturellement fertiles produisant une nourriture saine et peuplées à nouveau de quantités de vers de terre !

A l’aide de ces quelques images, j’ai choisi de faire revivre les temps heureux des années cinquante dans ma famille maternelle paysanne, certes assez proche du moyen-âge au niveau des conditions de vie et correspondant à ma petite enfance.
Période des foins, travail à la main avec l’aide d’une paire de bœufs.
Construction d’un séchoir à maïs avec mes grands- parents.

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