LES REVES ET LA CREATION ARCHITECTURALE

LES REVES ET LA CREATION ARCHITECTURALE

Les rêves sont source de nombreuses études. Ils occupent un temps important de notre sommeil et de notre imaginaire. Il m’est très arrivé de rêver de mon travail, et de me réveiller avec une image claire d’un projet, alors que la veille tout était confus ! Ce travail de synthèse opéré dans la période nocturne, apparait alors comme un cadeau de la nuit, même si parfois l’analyse plus approfondie qui suit, en limite les effets espérés ! Les moments de concours ont été pour moi les plus propices à ces situations, car ils nécessitent d’aller très vite, et le temps qui nous est imparti ne bénéficie d’aucune possibilité de modification de la date limite imposée !

Dans notre cheminement de travail de création, l’avancement n’est jamais linéaire. On visite le site en essayant de saisir l’essence du lieu, sans a priori sur les décisions à venir. On prend connaissance du programme et des objectifs du maître d’ouvrage, on fait les premières esquisses, on échange avec les salariés chargés du concours, … La partie onirique peut être présente à toutes ou certaines de ces étapes. Elles peuvent être dérangeante, conforter et parfois même, apporter un élément essentiel. Dans ces cas, on s’est endormi dans le doute le plus total, et l’on se réveil avec des certitudes qui vont durer ou pas ! Si elles se confirment on se demande alors, pourquoi il a fallu si longtemps pour y parvenir. Bien sûr, cela découle de la totalité du travail accompli. Dans l’acte de création il reste malgré tout une part de mystère qu’il faut préserver, ne pas vouloir tout analyser ou comprendre. Cela fait partie des mystères de la vie, et c’est très bien ainsi. J’ai le souvenir de sentiments identiques, lorsque dans les années 1970, en première année de l’école d’architecture nous faisions des « jojos », projet en 10 heures ! Nous arrivions à sept heures le matin, on nous donnait le sujet et nous devions rendre notre travail au plus tard à 17 heures. Il y avait parfois quelques angoisses au départ mais très vite nous devions être dans l’action et l’idée première qui surgissait d’on ne sait où, devait être la bonne.

Les rêves et la création font pour moi bon ménage, et fondent une part de notre beau métier-passion. J’espère que les outils de l’intelligence artificielle vont rester au service de nos besoins et n’auront pas l’objectif de se substituer à nos capacités qui jusqu’à preuve du contraire, sont bien supérieures à tout ce que les machines ont la capacité d’inventer.

Au cours de cette période de recherche, la nuit est parfois importante.  On peut se réveiller brutalement, et avoir comme une évidence une idée très précise des bases du projet. Ces moments sont très particuliers car on ne sait pas pourquoi la synthèse s’opère mais bien sur le travail réalisé en amont en est la source. Il faut alors se lever pour formaliser cette idée, car on n’est jamais sûr de la conserver jusqu’au lendemain. Cela n’est pas forcement simple quand on est en couple, mais la conjointe ou le conjoint, doivent s’adapter à la puissance créatrice de leur moitié !

1_ L’expression, « être charrette », vient du 19ème siècle. Beaucoup d’étudiants en architecture louaient une chambre dans les rues qui entouraient l’école des Beaux-Arts. Le jour ou le projet devait être rendu, un employé de l’école passait dans les rues pour transporter les projets dans sa charrette. Pour indiquer que le temps disponible était terminé, il criait : « charrette, charrette, … ».

Voici traduit en dessin ce que notre puissance créatrice peut générer au niveau d’un couple. La conjointe ou le conjoint peuvent parfois en subir quelques inconvénients nocturnes !

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