L’ÉCRITURE

L’ÉCRITURE

Voici un texte que je ne devrais pas écrire ! J’entends de mon bureau les commentaires de ceux qui me connaissent me disant « Eh oui mon pote, tu ferais mieux de les dessiner tes « textes courts », ce serait plus rapide ! » Il est vrai, et je ne peux le nier, que j’ai toujours été plus à l’aise pour le dessin que pour l’écriture. Mais depuis plus de cinquante ans, notamment sous l’impulsion de Paul Chemetov (1) qui a beaucoup écrit, j’ai peu à peu pris conscience de la nécessité et de l’importance de cette démarche de transmission.

Pour développer un projet ou un concours, on lit le programme, on visite le site, puis on écrit et on dessine, pour moi les deux vont de pair. Dès la fin des années 70, j’ai donc commencé à écrire pour appréhender toutes les dimensions du projet et cela a constitué pour moi, un élément important de la création.

Parallèlement, j’ai également écrit de nombreux articles pour faire connaître mon travail dans des revues régionales ou nationales. C’est très efficace au vu de l’importance des tirages. C’est ainsi que dans « le Moniteur des Travaux Publics », ou dans les revues d’architecture, mes articles ont eu une résonance qui a souvent débouché sur des réactions, voire des polémiques, mais aussi sur de nouveaux projets ! Petit à petit, l’écriture est devenue l’un de mes outils de création.

Mon intérêt particulier pour le sauvetage de bâtiments voués à la démolition a tout d’abord été souvent incompris par les maîtres d’ouvrages et les élu(e)s. Pourtant, grâce à une large publication d’articles, il a constitué au fil du temps un moteur essentiel de mon activité, d’ailleurs reconnue par l’obtention de prix régionaux ou nationaux, notamment dans les sélections du « Palmarès national de l’habitat ».

Dans les années 1970, je suis ainsi devenu l’architecte qui répare au lieu de détruire pour reconstruire. Avec l’arrivée des interrogations sur le réchauffement climatique, il m’était facile d’expliquer que la conservation d’un bâtiment permettait d’économiser trois énergies, celle qu’il avait fallu dépenser pour le construire, celle de sa démolition et enfin celle de la reconstruction d’un nouveau bâtiment. En ce sens, le vecteur de la publication s’est révélé très important et continue de l’être. Bien que mon activité se termine, que suis-je en train de faire ? J’écris. 

Ce temps que je consacre à l’écriture aujourd’hui peut sembler inutile ou dérisoire à certains, mais il est pour moi nécessaire. Il participe à mon équilibre et m’amène à dire à celles et ceux qui arrivent dans la vie active l’importance de rechercher leur propre voie. Ecrire permet de s’inscrire dans le temps long, d’en marquer des étapes et aussi bien sûr de se projeter dans l’avenir.

1_ Paul Chemetov : architecte-urbaniste1928-2024. Il fut l’un des fondateurs de l’atelier d’urbanisme et d’architecture à Bagnolet dans les années 1960.

Mon éditrice m’a dit qu’il lui restait quelques exemplaires de mon livre édité en 2019, alors pourquoi ne pas vous inviter à en prendre connaissance si vous en avez envie.

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